French (Fr)English (United Kingdom)
Bannière

Regards de coach

L'excellence en mouvement

L'excellence est-elle élitiste?

Par Gilles SERPRY le
Gilles SERPRY
Gilles SERPRY n'a pas encore mis à jour sa biographie
Hors ligne
Auo 02 dans Developpement Personnel 0 commentaires

 

Est-ce faire de l’élitisme que de parler d’excellence ?

Il se trouve que le fait même de parler d’excellence hérisse le poil de certaines personnes à qui vous en parlez. En effet certains relient ce mot à des expériences qui, immédiatement, génèrent le rejet.

Par exemple, le Prix d’Excellence dans l’école d’il y a 40 ou 50 ans et plus, qui a laissé cette idée que l’excellence met au dessus des autres, qu’elle est mise en avant pour créer une différence – il y aurait les excellents et les médiocres.

Il y a encore d’autres personnes pour qui l’excellence est une recherche de ce qui peut les différencier et qui se parent de leur « excellence » pour regarder le monde de haut et créer l’impression que le fait d’exceller dans un domaine – et l’on confond alors ici souvent excellence et expertise ou excellence et performance – les place au dessus du lot et leur donne presque des droits supérieurs et qui adoptent une attitude de mépris. Le souvenir de ces personnes crée alors l’idée que l’excellence sépare, et qu’elle tend à placer certains sur un piédestal et à leur permettre de mépriser les autres.

Il y est des personnes pour qui la recherche de l’excellence est une absurdité du monde actuel et qui associent l’excellence à une mode  ou un mal rampant et insidieux qui serait associé à la société moderne qui force l’individu à se prendre en charge dans un environnement hostile. Ll’appel à l’excellence est alors perçu comme un moyen de pression, de maintien des personnes dans l’ordre établi.

En conséquence, une personne, écrasée par les Prix d’Excellence, puis par les réussites insolentes que l'on associe à l'excellence, ou par le comportement distant de personnes que l’on dit excellentes parce qu’elles sortent du lot ou qu'elles sont la coqueluche du moment, pourrait se sentir loin du concept d’excellence qui l’écrase, en rébellion contre ces élites ou sois disant telles qui sont dans la lumière alors qu’elle n’y est pas.

Quelle conception de l’excellence ! L’excellence telle que vous la découvrez petit à petit avec mes lettres et Excellence Attitude, est bien loin de cette façon de voir.

Tout d’abord, l’excellence est une attitude personnelle dans la vie, une façon d’être, pas un résultat, pas une comparaison aux autres. Avec cette attitude, on peut atteindre un état de satisfaction personnelle, de fluidité, d’expérience optimale (Mihaly Csikszenmihalyi - Flow) qui ne dépend pas d’autre chose que d’une façon de vivre son expérience personnelle.

La personne qui est dans cet état d’esprit ne se soucie pas des autres, elle est concentrée sur sa propre expérience, le plaisir qu’elle tire de sa maîtrise, le plaisir de voir naître le résultat pour lequel elle travaille. Ce n’est pas le résultat en soi qui la motive, mais ce qu’elle fait pour y arriver. Certes elle veut le résultat, mais le plaisir vient de la manière, du parcours, de la maîtrise des gestes, de la difficulté surmontée. Le résultat est une conséquence, pas une fin.

Dans ce plaisir de la fluidité liée à l’excellence, la personne peut se confronter aux autres, son parcours, son plaisir est dans la difficulté, les heures pour acquérir la capacité de faire un geste de mieux en mieux, les petits trucs qui ajoutent des possibilités, sa liberté de création à l’intérieur des contraintes qu’elle intériorise comme des défis, mais pas écraser l’adversaire, pas dominer. En fait dès que l’objectif devient trop lié au résultat ou à l’autre, l’effort devient autre, le plaisir disparaît derrière l’enjeu et on sort de l’excellence, de la fluidité. La performance est une conséquence de l’excellence, pas l’inverse.

Cette conception de l’excellence est à l’opposé de tout élitisme, elle est une recherche personnelle du plaisir dans la maîtrise, l’effort, l’atteinte d’un résultat qui est recherché par envie. Ce n’est pas un moyen de dominer l’autre ou de l’exclure.

L’élitisme, quand il devient l’objectif, éloigne de l’excellence dans la mesure où il se mesure à l’aune du rapport à l’autre et où le plaisir ne réside pas dans ce qui est accompli mais la sensation d’être différent, supérieur. Celui ou celle qui se croit dans l’élite, se remplit alors de sa propre importance et perd la notion de plaisir. Le défi n’est plus dans l’accomplissement d’un défi personnel et le voyage intérieur qui en résulte mais dans le maintien à tout prix de cette position de domination de l’autre, au prix même de la rupture avec des valeurs fondamentales.

Mais alors, un peintre comme Dali est-il dans l’élitisme ou dans l’excellence. C’est intéressant de regarder cela. J’ai visité une exposition à Bruxelles à son sujet le weekend passé. Il se dit un génie et se place ainsi au dessus des autres, dans une élite. Mais en fait que fait Dali ? Il prend du plaisir à sculpter un personnage fait de provocation, de délire, mais aussi d’une expression artistique évoluée, appuyée sur une technique élaborée et l’ensemble, y compris son délire sur son génie, fait partie de la construction qui n’est pas faite pour écraser l’autre mais pour construire Dali – et cette construction fait partie de son œuvre. Pour moi Dali est dans l’excellence car il est dans cette fluidité qui en est la marque dans toute l’élaboration de son personnage et de son œuvre qui ne sont qu’un.

Ces quelques idées vont vous rejoindre, pour certain(e)s en vacances, pour d’autres peut être pas mais j’espère qu’elles vous font regarder l’excellence, votre excellence différemment.

Coachement vôtre

 

 

 

Mots clés : International, France, Paris, Lille, dirigeant, coaching, excellence, élitisme

A propos de l'auteur

Trackbacks

URL de Trackback pour cette entrée